Le plus dur dans une yourte, c'est d'allumer le feu. Et ensuite de l'entretenir. Pour allumer, quelques morceaux de planches de pin, un cube d'allumage et on attend que ca prenne. Bien entendu, nous, ça n'a pas pris du premier coup. On commençait à se geler un peu. J'ai donc revu la copie, remis du bois sur les quelques braises moribondes, soufflé un coup sur tout ça pour faire repartir puis remis du bois, soufflé, remis du bois, soufflé jusqu'à ce que le poêle soit enfin autonome. Autonome est un grand mot : si toutes les heures vous ne lui rajoutez pas de quoi se nourrir, il crève!
Nous avons passé un moment dans cet endroit complètement improbable et ce fut d'un vrai réconfort. Moi qui avait besoin de faire un break, de sortir de mon quotidien, de mon boulot, etc, je ne pouvais pas m'imaginer comme ce week-end allait être dépaysant, rafraîchissant (au propre comme au figuré), revigorant, ré-énergisant. En un mot : génial. C'est étonnant comme cette tente en poil de yack devient un véritable cocon dès lors que vous avez fermé sa petite porte bringuebalante, que la température devient agréable et que vous vous allongé sur le lit pour contempler la structure. J'avais l'impression d'halluciner et de m'évader. De me sentir complètement en sécurité, alors que nous étions au milieu de rien, sans personne et surtout sans tous les trucs dont est faite notre vie de consommation. Ce week-end fut une espèce de révélation : on peut vivre d'amour et d'eau fraîche et d'une jolie tente chaude (avec un E bien sûr). J'avais l'essentiel avec moi : mon-mari-stefirst-(c) et les deux bounettes. Tout le reste m'est apparu comme futile et sans aucun intérêt.
Nous sommes allés nous ballader plusieurs fois aux alentours proches. Les chiennes étaient aux anges. Elles pouvaient courir où elles voulaient et quand elles voulaient quasiment : vive la liberté! Dans l'après midi, nous sommes allés nous faire un petit thé, puis retourner dans la yourte pour bouquiner en attendant d'aller dîner un peu plus tard.
La propriétaire nous avait conseillé un petit resto pour le soir : "allez chez eux, nous avait-elle dit, ils viennent de s'installer et ont besoin de clients. En plus, c'est très bien!". Et effectivement, c'était le cas. On a vraiment bien mangé et le lieu était très sympa. Au menu foie gras poêlé sur blinis, risotto aux cèpes et brochette de st jacques, tiramisu. Kir et Viognier. Tout allait bien après.
Nous sommes rentrés, le feu était encore chaud. Nous avons rajouté quelques morceaux de bois en croyant naïvement qu'ils brûleraient toute la nuit. Nous nous sommes endormis épuisés, du sommeil du juste.
Le lendemain, vers six heures, il faisait plutôt froid. Le feu était éteint depuis longtemps, mais la couette hyper-chaude nous avait protégé. Nous oui, mais pas la Buffy, qui est allée réveiller son maître en tremblant. Pour la réchauffer, il l'a faite grimper entre nous deux, mais la petite vieille n'arrivait toujours pas à réchauffer ses vieux os. Du coup, mon-mari-stefirst-(c) s'est levé pour faire de nouveau du feu. La yourte est rapidement remontée au dessus des 20°.
Le petit déj n'était pas mauvais, mais sans plus. La brioche et les confitures n'étaient pas maison. Mais il y avait tout ce qu'il fallait. Nous avons longuement papoté avec la propriétaire, une ancienne pharmacienne francilienne qui a tout plaqué avec son mari pour venir s'installer ici. Des parisiens qui s'installent en Lozère, je vous laisse deviner leurs galères (je vous rassure, l'Ardèche ne serait pas mieux :-)). On lui a promis de revenir. c'était trop bien! Nous sommes ensuite retournés bouquiner tranquille à la chaleur du poêle et nous avons fait une petite ballade avec les chiennes avant de repartir en direction du Sud.
Nous avons traversé le viaduc de Millau. C'est un bel ouvrage. On le voit dans son entier peu avant d'y arriver. Dessus, bien sûr, on se rend compte de pas grand chose. Puis ce fut Montpellier. Un passage éclair à Ikéa pour acheter je ne sais plus trop quoi qu'on a d'ailleurs pas trouvé. Pas vraiment envie d'être là je crois. Ikéa, l'antithèse de la yourte quand même. Deux mondes. (et c'est moi qui dit ça!)
Et nous voilà rentrés! (soupir). C'était vraiment vraiment vraiment vraiment trop bien, quoiqu'en dise Orph
(Orph dans une yourte, a nightmare comes true. hi,hi)
Pour les photos, va falloir encore patienter!

C'est un ustensile astucieux pour découper en petits dés tous les légumes, et notamment les oignons (mon-mari-stefirst-(c) l'a essayé ce midi avec succès). Je cherche ensuite un quelconque papier qui pourrait m'indiquer de qui ça vient : rien! pas un bon de livraison, pas une copie de mail, rien, nada! le noir total. Je ne sais toujours pas qui c'est!!!









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